Structure de la Personnalité Approche Lacanienne

Structure de la Personnalité
Approche Lacanienne

(pour la version anglaise, cliquer sur le drapeau)

Pourquoi s'intéresser ici à la psychanalyse?

Tout d'abord parce qu'une théorie (voir la page de garde) mettant au premier plan la présence d'un observateur au sein de sa représentation du Monde, peut difficilement échapper au problème de la représentation de cet observateur lui-même. Dans ce cas, de quel lieu envisager la description de celui-ci ?
Ensuite, nous verrons que la psychanalyse envisage la constitution progressive de l'individu dans la même problématique de l'émergence d'une partie au sein d'un tout qui nous a guidé dans le choix de la structure sénaire.
Il semblerait, d'une certaine façon que l'individu lui-même se constitue en réponse à un problème de partition, ainsi que l' observation d'un phénomène se structure comme émergence d'une singularité sur le fond d'un tout indifférencié.
En troisième lieu, l' aphorisme lacanien " l'inconscient est structuré comme un langage" nous ramène au plus près de notre approche anthropomorphe.
Il y a la même problématique, un parallèle évident entre l'incapacité du langage à rendre compte de lui même (Gödel), le fameux "Je suis un menteur", et le fait, comme le dit Lacan que l'individu est la partie manquante de son discours; d'où le recours à la description de l'individu par une structure.
Il y a sans conteste une incompréhension de ce qu'est un métalangage, lorsque Lacan refuse ce concept; sur lequel nous ne pourrons revenir qu'en fin de parcours, après avoir exposé ce qu'est une structure fractale.
Comment enfin refuser d'envisager en termes de structures, une théorie qui s'est présenté, avec Lacan, comme si évidemment structuraliste ?

Il ne s'agit pas, dans les lignes qui suivent d'avancer, ou défendre une thèse psychanalytique, mais de chercher à transcrire quelques concepts clefs, de Freud et Lacan en termes de système.
L'intérêt, de notre point de vue sera ainsi d'esquisser une solution de continuité entre la structure de l'observateur et sa vision du Monde.

Pour le psychanalyste aux yeux de qui cet exercice semblerait gratuit, en dehors de tout contexte clinique, nous ferons cadeau d'une problématique nouvelle:
Qu'en est-il du temps dans cette structuration progressive que constitue l'émergence d'une conscience ?

Y a-t-il, en particulier un lien entre cette complexification progressive de l'individu et le ralentissement de ses processus de perception et d'adaptation, de ses facultés créatrices?
Y a-t-il des relations temporelles quantifiables entre les différentes composantes de l'individu?

Nous chercherons ici à décrire l'homme (tel qu'il s'offre au regard du psychanalyste) par une structure à 3 niveaux.
Nous verrons ensuite, après avoir explicité la syntaxe de la structure sénaire, comment rendre compte des dysfonctionnements propres aux changements de niveaux.
Nous verrons enfin, comment l'approche fractale de la structure sénaire permet de définir un état particulier, que l'on peut appeler, par référence aux sciences physiques "état critique". L'expérience cruciale que nous soumettrons alors aux psychanalystes (qui nous suivraient jusque là) sera de caractériser la "jouissance", au sens lacanien comme un état critique de l'individu.

Nous tenterons tout d'abord, d'articuler entre eux les éléments constitutifs de la personnalité (ça/moi/surmoi/ objet a/ ....), avec une place particulière pour le concept de "phallus" pour ensuite représenter dans la structure ainsi obtenue différents processus identifiés par les psychanalystes (complexe d'Oedipe/ castration/ stade miroir/ identification/ forclusion/ narcissisme/ refoulement/....).

Rappelons ici encore que notre objectif n'est pas de "faire" de la psychanalyste, mais simplement de montrer la possibilité de transcrire le langage psychanalytique en termes de modèle sénaire. Il n'y a pas d'inconvénient à n' y voir, pour l'instant, qu' un simple exercice de style.

Sommaire :

  1. L'émergence du "Je"
    1. Le stade du "miroir"
    2. Niveau Imaginaire:
      1. La mère et l'enfant
      2. Première réflexion (le stade du miroir)
    3. Niveau Symbolique:
      1. Première phase (stade narcissique)
      2. Seconde phase (complexe d'Oedipe)
      3. Troisième phase (constitution du "Surmoi")
  2. La constitution du sujet de l'inconscient :
  3. La structure du Sujet :

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1/ L'émergence du "Je" :

1.1 Le stade du "miroir" :

Ce stade est un fait d'observation analysé par le psychologue Henri Wallon.
Entre 6 et 18 mois, l'enfant manifeste sa jubilation, son intérêt devant une image vue dans un miroir où il se regarde ou dans celle que lui renvoi tout autre, tout semblable en qui il se reconnaît et s'identifie.

Jacques Lacan avait fait de ce stade du développement de l'enfant le stade de développement du "Je", dans une conférence de 1936, reprise en 1949: "Le Stade du miroir comme formateur de la fonction du Je".
La joie de l'enfant viendrait de l' identification à cette image qui lui est renvoyée. Cette image forme le moule apte à organiser, structurer l'ensemble de ses expériences fragmentaires.
Cette identification serait une première réponse apportée aux expériences chaotiques qui s'offrent à l'enfant .
Présenté avec la terminologie que nous avons précisée, on pourrait avancer l'hypothèse que l'enfant induit de cette image qui lui est renvoyée qu'il constitue une entité se dégageant d'un tout indifférencié ( et qui dans sa proximité immédiate est essentiellement sa mère).

Ce n'est qu'après la prise de conscience de son individualité, partie émergeant d'un tout qu'une autre problématique s'instaurera: la question des limites, des interfaces entre cette entité à peine appréhendée "Je" et le reste du Monde.
Les principales coupures qui vont être expérimentées seront pour l'essentiel:

le placenta/ sein/ excréments/ regard/ voix

.
La psychanalyse accordant un développement particulier aux 2ème et 3ème coupures.

La mère et l'enfant :

La première coupure se situe au niveau du sein maternel: "Je" est arraché au Monde par le sein qui s'échappe.

Première "réflexion" :

La seconde coupure, se sont les fèces: "Je" est par rapport au sein comme ses excréments par rapport à lui.

Appréhender ces deux coupures simultanément et se définir comme étant "au milieu", partie absente de ces expériences, nécessite de se constituer comme "Je", de changer de niveau.
Voici, pourrions-nous dire le premier système élémentaire et les liens primordiaux qui relient "Je" au Monde.
L'important tient au fait d'avoir institué deux niveaux distincts:

L'un, domaine de l'imaginaire, qui relie l'individu au réel tel qu'il s'offre à lui dans son expérience la plus mondaine, tel qu'il le fantasme au travers de son expérience, toujours fragmentaire et auquel son refus d'y être dissout fini par structurer son identité.
Nous définirons ce niveau comme celui où nous "représentons le réel", étant bien entendu qu'il s'agit d'un réel fantasmé, le Monde étant toujours perçu médiatisé par nos sens et nos affects. Les manifestations de l'individu s'interprétant, à posteriori comme signifiant.
l'autre, domaine du symbole, lieu d'évolution de ce "Je", imaginé, par l'individu comme cause fédératrice de ses expériences (référent , signifié à posteriori).

Si l'on garde en mémoire ce qui a été exposé concernant le passage d'un niveau à l'autre (voir diachronisme), on retrouve, ici, dans une pratique clinique un fait théorique, à savoir la perte d'information lors d'un changement de niveau:

qu'il s'agisse de l'induction de " bouts" d'expérience à la constitution de "Je",
ou des fantasmes du même "je" qui interprète son expérience (déduction).

Encore une fois, nous n'expliquons rien, mais nous contentons d'observer une adéquation entre l'expérience et sa représentation. Notre intérêt se porte sur la description et non pas sur son objet.

1.2/ Niveau Imaginaire:

1.21/ La mère et l'enfant

Dans ce schéma, nous retrouvons l'enfant relié au monde par le lien qui relie sa bouche au sein de sa mère.
Antérieurement au stade du miroir, le "corps" de l'enfant n'est encore qu'une collection de sensations, d'affects, de désirs ou de besoin, sans qu'il y est véritablement de conscience d'une entité constituée en tant qu'individu: le corps se défini plutôt, à ce stade comme une "collection d'états", en extension et non en compréhension.


De même, seul le sein de la mère se distingue de l'environnement.
La mère, dans l'instant de la tétée, ne se distingue pas clairement du fond indistinct du Monde.
Mais, le schéma proposé induit, de lui-même, la remarque suivante:
comment l'action ainsi engagée se reboucle-t-elle ?
Car enfin, l'action de la tétée a bien un impact sur la mère, qui réagit sur son enfant.
Cette réaction, cette reconnaissance de l'enfant par la mère aide au travail de structuration de l'enfant: c'est par le regard de l'autre que l'enfant finira par s'identifier comme individu.
D'une collection d'états, l'enfant induira l'existence du "Je".
Comme le dit Lacan, le "Je" est toujours l'absent du discours, à ce niveau d'explication.

1.22/ Première réflexion (le stade du miroir) :

Par un renversement de perspective, l'enfant va découvrir qu'il est, par rapport à sa mère comme ses fèces par rapport à lui-même.

Il y a, dans ce renversement, le même mécanisme, le même schéma "catastrophique" que celui conduisant Newton à penser que la pomme est dans le même rapport de proportion avec la Terre que la Terre elle-même avec le Soleil.
L'important, pour ce qui nous intéresse ici, la constitution du "Je", c'est que l'enfant trouve ses marques entre cette double coupure d'avec le Monde.


Une dialectique s'instaure alors entre l'individualisation croissance, et le désir de se fondre dans le tout, la jouissance interdite sous peine d'anihilement.

Les "objets" desquels se détache progressivement l'enfant se caractérisent par leur forme prééminente.
Les parties du corps desquels ils se détachent sont, comme le dit J.D. NASIO des "fentes orificielles palpitantes". Or, ces bords palpitent s'ils sont animés par le flux d'une énergie qui les parcourt, une énergie dite "jouissance".
Le terme "palpitant" marque à nos yeux l' irruption du temps dans la formation de l'individu.
Dire qu'un orifice palpite, c'est considérer la succession temporelle des états ouvert/ fermé.

En considérant le schéma précédent, la question que l'on peut se poser est de savoir si la séquence sein/ bouche / anus/ fèces ne demande pas une certaine harmonie entre la fréquence de palpitation de la bouche et celle de l'anus.
Plus précisément, l'éducation de l'enfant, par la diminution progressive du nombre de tétées, et l'apprentissage ultérieur de la propreté n'ont-ils pas un rôle dans la prise de conscience du rapport qui lie la bouche et l'anus, rapport actualisé dans l'image de l'autre au stade du miroir ?

1.3/ Niveau Symbolique:

Toutes ces expériences de détachement partiel pendant la phase du miroir, tandis qu'il arrive à reconnaître l'"autre", permettent à l'enfant de se constituer comme " Je" indépendant.
Nous pouvons alors considérer un second niveau de structuration de la personnalité: celui du jeu du "Je" et des "autres".
Le lieu d'échanges, pour l'animal symbolique que nous sommes, sera essentiellement le lieu du langage, ou plutôt de "Lalangue", pour continuer à suivre Lacan.
Ce niveau va servir de scène à la crise oedipienne.
Cette crise ici aussi peut être présentée comme un nouveau problème de partition; mais centré cette fois-ci sur la possession ou non d'un "phallus".

13 .1/ Première phase :

Il y a la croyance en la possession universelle d'un phallus (fille ou garçon).
Le schéma de la relation entre l'enfant et sa mère peut se définir comme une représentation symbolique du schéma précédent.
Pour ce faire, il faut que l'intérêt de l'enfant se porte vers cette nouvelle zone érogène qu'est le pénis (ou le clitoris: à ce stade indifférencié la différence anatomique n'est pas discriminante).
L' échange précédent se symbolise alors comme transfert du phallus entre Mère et enfant (l'enfant se voyant, pour la mère comme phallus destiné à combler son désir, son envie de phallus sublimé en envie de l'enfant).

La mère lui donne le sein, comme il se donne à elle (c'est la seconde réflexion de l'enfant : la réflexion narcissique, constitutive du "Je").

Le danger de cet échange, s'il venait à être total, serait la disparition du "Je" par fusion avec la Mère: c'est l'impossible Jouissance de l'Autre.
Ce schéma ne peut être que précaire:
la Mère n'est pas seule représentante du Monde face au "Je": le père s'interpose alors.

1 .3 .2/ Seconde phase :

Elle s'ouvre sur la constatation que certains "semblables" ont un pénis, et d'autres non. Pour le petit garçon et sous les menaces de son Père, le pénis devient une partie détachable de son corps menacé de castration.

1 .3 .3/ Troisième phase :

Elle tient à la découverte que la Mère n'a pas de phallus, et du positionnement de l'enfant par rapport à cette révélation.
Pour le garçon, cette prise de position est conditionnée par un interdit social, exprimé par le père, nouvelle figure dans le champ de la conscience.

Le conflit auquel est confronté l'enfant peut se ramener à l'équation suivante:

si "Je" cherche à dissoudre sa personnalité en consommant l'inceste (i.e.: à jouir de l'autre en même temps qu'il comble son désir),
alors le Père (l' ordre social) lui prendra son pénis.

"La parole paternelle qui incarne la loi symbolique accomplie donc une double castration: châtrer l'Autre maternel, d'avoir le phallus, et châtrer l'enfant, d'être le phallus".

Le phallus est le signifiant de la loi, ce que Lacan formule ainsi :

la castration est symbolique et son objet imaginaire.

La castration n'est pas tant une menace ou une envie mais un acte de coupure,
Cet acte porte plutôt sur un lien que sur une personne
Cet acte vise un objet, le phallus imaginaire, objet désiré par la mère auquel l'enfant s'identifie
L'acte de castration, même assumé par le père n'est pas le fait, en réalité, d'une personne physique mais l'opération symbolique de la parole paternelle.
L'acte de la castration est l'œuvre de la loi à laquelle le père comme sujet est lui-même inévitablement soumis.

Il y a aussi un renversement entre le rapport mère / enfant et enfant / phallus

La solution du conflit passe par un renversement interne au sein du dipôle "Je" <--->"pénis".
D'une soumission du "Je" à ses pulsions, on passe à la soumissions de celles-ci à "Je".
Pour être socialement admissible, le désir, une fois sous contrôle doit se tourner vers un autre objet, abandonner la Mère pour s'intéresser à d'autres figures féminines


La dernière conséquence enfin de ce conflit, c'est la reconnaissance de la part policée du "Je" par le Père, qui remplace la reconnaissance de désir par la Mère.
Cette inversion peut même être institutionnalisée par une cérémonie initiatique. Ce second détachement de la Mère, dans toute initiation est assimilé à une mort suivi d'une renaissance: un nouveau cycle s'ouvre alors à l'enfant.
La résolution de ce conflit initie la différenciation entre le "Moi" et le "Surmoi", achevant ainsi de structurer le niveau symbolique:

Pour Lacan, l'objet a est un mot destiné à représenter cet Autre insaisissable. C'est l'Autre "pour moi", dont l'essence m'échappe
L'image du père représente l'ordre social, la norme qui borne mes pulsions.

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2/ La constitution du sujet de l'inconscient:

Bien entendu, la dialectique ainsi instaurée entre Moi et Surmoi n'est pas parfaite: certaines actions, des lapsus, signifient quelque chose qui échappe au schéma.

C'est la répétition des signifiants qui fait système au regard de l'analyste.

Ce dernier adopte une position particulière par rapport à l'individu qu'il cherche à comprendre: il n'est plus en position d' "autre", en ce sens qu'il n'est pas affecté directement par la parole de son patient.
Pour employer notre vocabulaire, il se situe en position "méta" par rapport au discours du patient.

La parole de l'analyse est un discours sur le discours du patient, il s'agit donc formellement d'un méta discours .

Tandis que le "Je" se constitue sous le regard de l'Autre et du Père, le sujet de l'inconscient se révèle sous le regard de l'analyste.
Si le moi est "narcissique", c'est à dire réflexion se prenant pour objet, le sujet se révèle en réfléchissant cette réflexion.
Il s'agit, après le stade du miroir, puis la phase narcissique, de la troisième "réflexion" du sujet.

Au delà des actes ordinaires sous contrôle de la conscience, apparaissent des singularités qui étonnent: actes manqués, lapsus venant trop bien à propos pour qu'il s'agisse d'un cafouillage sans signification de la raison.
Pour peu qu'il nous soit donné, par l'aide d'un tiers de pouvoir porter sur nous- même un regard neuf, alors certaines singularités de notre vie s'ordonnent de façon répétitive: pourquoi par exemple nos partenaires présentent - ils un trait commun, qui bien souvent échappe à nous seuls, une taille, une allure, un timbre de voix un élément quelconque du corps de l'autre qui nous attache plus que l'on ne saurait dire.

Derrière ces traits signifiants, l'analyste peut supposer la présence d' un signifié.

Comment caractériser un signifié par définition indicible puisque inconscient ?

Ce qui fonde l'idée d'un inconscient c'est la persistance de manifestations, aux yeux de l'observateur privilégié qu'est le psychanalyste.
Lorsque Lacan dit qu'il n'y a pas d'Inconscient en dehors de l'analyse, il ne constate pas autre chose.
Il n'y a en cela aucune différence essentielle entre l'approche psychanalytique et toute autre observation scientifique.

Ce qui rend l'observation difficile, c'est que les phénomènes incriminés se produisent sur un rythme différent, inattendu.

L'analyste a pour tâche, d'accorder le rythme d'observation du patient à ce rythme ignoré, beaucoup plus lent. En dégageant les signifiants du discours, il lui présente une sorte de film en accéléré des signifiants qui se succèdent.
Pour schématiser l'observation de l'analyste, nous dirons qu'il se trouve en présente d'un sujet dont la partie consciente (parlante) affirme sa domination d'une entité qui s'impose à lui. Cette entité indicible, c'est la nature qui pousse sa corne en nous, qui se perpétue à travers et malgré nous, et pour qui le moi fait barrage. Cette irruption vitale en nous, Freud l'appelle le "çà".

Cette vision que l'analyste se fait de l'autre ne peut être assumée, transmise, que dans la mesure où il l'a lui-même expérimentée, dans la mesure où il s'est soumis lui-même à une psychanalyse.
L'inconscient n'est donc pas tellement chez le sujet en analyse, mais plutôt dans l'entre deux , le niveau même où se déroule l'analyse.

Le "çà" du sujet en analyse est révélé par son influence sur le "Moi". cette influence se traduit par des "signifiants" qui n'entrent pas dans la l'économie du discours du patient et surprennent l'analyste.
Le travail de l'analyste consistera à ramener au jour ce que ce signifiant provoque en lui, et d'en faire une formulation à l'adresse du patient.


Toutefois, cette représentation pêche par le fait que nous n'avons aucune idée de ce qu'il y a derrière les mots qui définissent les pôles de la structure.
Nous n'avons, en effet aucune idée de ce qu'est le "ça", puisque par définition il est hors du champ de la conscience, du dicible.

Nous n'avons aucun moyen d'appréhender ce concept en "compréhension", nous pouvons juste en déceler les effet, les signifiants qui s'imposent à notre perception en "extension".
Ici encore, il n'y a pas de démarche fondamentalement différente entre science et psychanalyse: devant l'impossibilité de "comprendre", l'analyste se contente d'ordonner une taxinomie.

S2 est l'ensemble des signifiants que peut produire le sujet (respectivement l'analyste)
S1 est le signifiant particulier qui se présente.

Le rôle de l'analyste est alors de faire circuler les signifiants.


Pour Lacan, le sujet de l'inconscient est le nom de la relation abstraite entre un signifiant et un ensemble de signifiants.
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3/ La structure du sujet:

Nous avons structuré notre sujet en trois niveaux que l'on peut définir comme:

Niveau 1: Champ de l'imaginaire

Niveau du contact avec le réel, sous forme d'expériences élémentaires.
Ces expériences sont appréhendées en fonction de nos besoins, et la perception que l'on en a est du domaine du fantasme.

Niveau 2 : Champ du Symbolique et du langage

Zone proprement humaine de la réflexion de l'existence sur elle-même C'est le niveau ou se forme notre personnalité en réponse aux stimulis venant des niveaux inférieur et supérieurs. C'est le niveau de la socialisation de l'individu. C'est enfin le seul niveau qui puisse servir de modèle aux deux autres; puisqu'à l'encontre de ceux-ci il est proprement le champ de la conscience.

Niveau 3: Champ de l'inconscient

Au niveau 1, l'individu se sépare progressivement de la nature et il la constitue comme extérieure à lui au niveau 2.
Cette nature ressurgie au niveau 3, comme de l'extérieur. La vie, repoussée au niveau 1, traverse le niveau 2 pour ressurgir au niveau 3 et s'y révéler intacte en son essence.

(Remarque: cette structure à 3 niveaux peut être vue comme un hexagramme chinois. Voir ma page Y King)
Voir également la synthèse concernant ce type de modèle à 3 niveaux hiérarchiques.

La pensée consciente apparaît comme la fragile surface séparant la Partie (l'individu) du Tout.
Conscience étroitement dépendante de ses moyens d'expression :

L'homme est un animal symbolique

C'est donc faute de mieux que nous projetons sur les niveaux 1 et 3 la structure du niveau 2. Il subsiste toutefois une différence perceptible entre les deux niveaux extrêmes: c'est la différence de rythme des actions dont ils sont le théâtre.

On peut utiliser ces différences de rythme pour élaborer des stratégies de fuite, des stratégies d'évasion de la personnalité:

par le bas, en cherchant à augmenter le rythme des échanges: stratégie du jeu où le joueur oublie son existence dans l'instant;
par le haut en évacuant toute pensée, comme dans les techniques contemplatives, ou au contraire, le rythme des pensées est ralenti jusqu'à l'arrêt.

L'homme, toujours absent de notre discours, peut se situer sur l'axe traversant les différents niveaux où s'inscrivent ses contacts avec son environnement.

Axe dirigé du niveau 1 au niveau 3 puisqu'en s'élevant d'un niveau à l'autre l'essence de l'homme s'affirme.
Quoiqu'à partir du niveau 3, il ne soit plus tout à fait sûr que nous puissions parler de l'Homme, mais plutôt d' "Humanité" puisque l'inconscient se révèle dans une relation soit à deux partenaires (Lacan), sinon à toute une société (Jung).

L'homme serait la trace de l'axe reliant les niveaux 1 & 3 sur le niveau 2:
La trace d'un point idéal laissé dans son discours.


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Note 1 :
La notion de phallus est distinct de celle, physique de pénis.
Selon Freud in "La Vie Sexuelle" P.U.F, 1969, p112 (cité par J.D.NASIO enseignement de 7 concepts cruciaux de la PSYCHANALYSE ), le phallus est un objet détachable et substituable.

" Le pénis est alors reconnu comme quelque chose que l'on peut séparer du corps et est identifié comme analogue de l'excrément qui était la première pièce de substance corporelle à laquelle on a dû renoncer".

Sur le concept de phallus:

Il y a 3 niveaux ( à propos du phallus):
niveau du pénis physique, (mais il s'agit toujours d'une représentation de la réalité, pas de l'objet en soi)
niveau du phallus imaginaire
niveau du phallus symbolique
La castration est conçue fondamentalement comme la séparation primordiale d'avec la Mère: séparation de la partie d'avec le tout.

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Note 2
Dans cette définition du méta discours, rien ne dit que sa structure diffère du langage ordinaire.
De la même façon que l'on peut parler de la syntaxe d'une lange dans cette langue même. C'est en ce sens me semble - t - il que l'' on peut acquiescer à la formule de Lacan:

"Il n'y a pas de métalangage"

Ce que nie en effet Lacan c'est l'existence d'une structure différente entre les parties conscientes et inconscientes de la personnalité.
Ce que nous entendons ici par méta langage, tient à la différence d'objet du discours, non à une différence de structure.
La négation ne porte donc pas sur la même proposition.
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Note 3

Rappelons, pour ceux qui arrivent directement sur cette page, qu'il s'agit d'une approche systémique de la "Structure Absolue" de Raymond Abellio.

Notre définition théorique de cette structure (qui s'éloigne de celle d'Abellio) est présentée dans l'analyse synchronique des systèmes. Une présentation rapide de son fonctionnement peut être vu dans l'analyse des dysfonctionnements bureaucratiques.

Pour les rêveurs, enfin: j'ai initié cette démarche lorsque jeune encore, j'ai rêvé de ce que pourrait bien être une théorie de la "psycho-histoire", telle que décrite par Asimov dans "Fondation". Le plus intéressant, peut-être, est que je suis arrivé par maintes détours à rapprocher cette fameuse structure Sénaire (ou Absolue) des hexagrammes du Yi King.

Partir de la psycho-histoire pour arriver au Yi King en adoptant une démarche structuraliste représente une sacrée promenade, dont l'étape lacanienne n'est pas la moins passionnante.

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page updated on 21/08/02
author : Alain SIMON
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